Axe 1 - Transition numérique, écologique et démocratique

S’appuyant sur le dynamisme du Master Droit de l’entreprise et sur l’expertise développée par ses membres dans les domaines du numérique et des transformations contemporaines de l’entreprise, le LARJ entend structurer un axe de recherche consacré aux transitions qui recomposent aujourd’hui les cadres juridiques, économiques, sociaux et démocratiques. Les mutations technologiques, l’essor des outils algorithmiques et de l’intelligence artificielle, les exigences de transition écologique ainsi que les recompositions des formes de gouvernance publique et privée invitent à renouveler l’analyse juridique des acteurs, des normes et des pratiques.

Le laboratoire développe ainsi une réflexion transversale sur les effets du numérique et de l’intelligence artificielle sur l’organisation et le fonctionnement des entreprises, des administrations et des institutions. Cette orientation s’inscrit dans le prolongement des travaux déjà conduits par plusieurs membres du laboratoire dans les domaines du droit des affaires, du droit social, du droit de la santé et du droit de la sécurité intérieure. Elle a notamment trouvé une traduction concrète dans l’organisation du colloque « L’IA dans l’entreprise » en 2026, consacré aux usages émergents de l’intelligence artificielle par les services juridiques et les ressources humaines, en continuité d’une manifestation scientifique organisée en 2025 autour de « La RSE : état des lieux, état des vœux ».

Au-delà des usages sectoriels, cet axe vise à analyser les transformations des processus de production normative induites par les transitions numériques et écologiques. La montée en puissance des régulations européennes, le recours accru aux mécanismes de conformité, la place des standards techniques ou encore les nouveaux équilibres entre acteurs publics et privés conduisent à interroger les modalités contemporaines d’élaboration du droit. Une attention particulière est portée aux approches comparées et européennes, notamment dans les travaux relatifs à l’intelligence artificielle, au fédéralisme européen et aux nouvelles formes de gouvernance démocratique.

L’axe entend également explorer les conséquences sociales et économiques des transitions en cours sur l’entreprise et les relations de travail. Les recherches menées au sein du laboratoire interrogent ainsi les mutations du travail, l’évolution des formes de représentation collective, les transformations des modèles économiques de l’entreprise ou encore l’intégration des impératifs environnementaux et sociétaux dans les stratégies de gouvernance. Cette réflexion s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire attentive aux recompositions contemporaines du lien social et des mécanismes de participation démocratique.

Cette dynamique scientifique s’appuie enfin sur des collaborations structurantes à l’échelle territoriale et interuniversitaire, en particulier dans le cadre de l’Alliance A2U et du programme « Transition et société ». Elle bénéficie également de perspectives de développement autour des projets consacrés à l’intelligence artificielle et aux transitions numériques, notamment dans le cadre du projet MAIA porté à l’échelle régionale.

Axe 2 - Résolution amiable et contentieuse des différends

Le LARJ développe un axe de recherche consacré aux transformations contemporaines des modes de résolution des différends, qu’ils relèvent de l’amiable ou du contentieux juridictionnel. Dans un contexte marqué par l’évolution des pratiques procédurales, l’encombrement des juridictions et la diversification des modes d’accès au juge, cet axe entend analyser les mutations des mécanismes de prévention, de traitement et de règlement des litiges dans les différentes branches du droit.

Au-delà de l’étude des techniques procédurales et des mécanismes de résolution des litiges, cet axe entend également développer une réflexion plus générale sur la notion même de différend. Les recherches menées dans ce cadre interrogent les processus de qualification juridique des conflits, les formes contemporaines de « conflictualité » ainsi que les conditions institutionnelles, sociales et discursives de leur prise en charge. Le différend y est ainsi appréhendé non seulement comme un objet procédural, mais également comme un phénomène révélateur des transformations des rapports sociaux, économiques, professionnels ou institutionnels. Cette approche conduit à envisager conjointement les modes de construction du conflit, les formes de sa juridicisation et les modalités de sa résolution, qu’elles soient juridictionnelles ou non.

Une attention particulière est portée aux modes amiables de règlement des différends, dont le développement constitue aujourd’hui un mouvement transversal affectant l’ensemble des contentieux. Historiquement ancrée dans certaines matières, notamment en droit du travail, la logique de l’amiable connaît une extension continue à travers les mécanismes de médiation, de conciliation, de transaction ou encore de justice négociée. Les recherches menées au sein du laboratoire interrogent ainsi les conditions, les finalités et les limites de ces procédures, tant en matière civile qu’en matière pénale ou administrative. L’évolution des formes contemporaines de justice négociée, y compris l’extension du plaidé coupable dans le champ pénal, participe également de cette réflexion. Le contentieux administratif occupe une place particulière. Souvent présenté comme moins réceptif à la culture de l’amiable, il révèle pourtant l’existence de mécanismes spécifiques de résolution préalable des différends et de pratiques conciliatoires propres au droit public. Les travaux du laboratoire entendent ainsi mettre en lumière les formes originales prises par l’amiable dans les procédures administratives et les recompositions qu’elles traduisent dans les rapports entre administration, justiciables et juge.

Au-delà des MARD, l’axe entend développer une réflexion plus large sur les mutations du procès et des techniques contentieuses. Les recherches conduites au sein du laboratoire portent notamment sur l’évolution des actions contentieuses, les transformations du droit de la preuve, les nouveaux usages procéduraux ou encore les rapports entre stratégie contentieuse et effectivité des droits. Cette orientation a notamment trouvé un prolongement dans l’organisation du colloque consacré aux « Nouvelles perspectives du contentieux du travail » en 2025.

L’axe accorde également une place importante aux questions relatives à l’interprétation des normes et à l’argumentation juridique. Les travaux développés dans ce cadre interrogent la manière dont le raisonnement contentieux se construit aujourd’hui à partir de ressources et savoirs externes (médicaux, scientifiques, techniques, sociologiques…) et les effets de cette mobilisation sur l’office du juge, l’administration de la preuve et la légitimité des décisions juridictionnelles. Cette réflexion s’inscrit dans une approche résolument transversale des différends, attentive aux interactions entre droit substantiel, procédure et production des savoirs.

Enfin, cet axe a vocation à favoriser les collaborations scientifiques interdisciplinaires et inter-institutionnelles autour des enjeux procéduraux contemporains, notamment à travers des partenariats avec les juridictions, les ordres professionnels et plusieurs équipes de recherche nationales et internationales.

Axe 3 - Activités locales, maritimes et littorales

Le LARJ développe un axe de recherche consacré aux transformations juridiques qui affectent les territoires, les espaces littoraux et maritimes ainsi que les activités économiques, sociales et institutionnelles qui s’y déploient. Cet axe trouve un ancrage naturel dans l’environnement géographique et historique de l’université, situé au cœur d’un territoire marqué à la fois par son ouverture maritime et transfrontalière, par la proximité du détroit du Pas-de-Calais et par une forte tradition industrielle et ouvrière.

Le bassin d’implantation de l’université présente en effet des caractéristiques économiques et sociales singulières, héritées de l’histoire minière, portuaire et industrielle des Hauts-de-France. Les activités liées aux mines, au monde des dockers, à la sidérurgie, à l’énergie ou encore à la logistique ont durablement façonné les structures économiques locales, les formes d’organisation du travail et les politiques publiques territoriales. Ces héritages demeurent particulièrement visibles dans les territoires littoraux et industriels du Dunkerquois, aujourd’hui confrontés à d’importants phénomènes de recomposition économique, sociale et environnementale.

Dans ce contexte, les transitions écologiques et industrielles constituent un terrain privilégié d’analyse juridique. Les enjeux liés à la décarbonation des activités productives, à la reconversion des bassins industriels, à la réindustrialisation, à l’aménagement durable des espaces portuaires et littoraux ou encore à la prévention des risques environnementaux invitent à renouveler les approches juridiques des politiques territoriales et des régulations économiques. Le laboratoire entend ainsi développer une réflexion transversale sur l’adaptation des acteurs publics et privés aux mutations environnementales contemporaines, en articulant les exigences de protection écologique avec les réalités économiques et sociales propres au territoire.

Cette approche conduit également à interroger les politiques publiques territoriales dans leurs dimensions sanitaires et sociales. Le contexte régional des Hauts-de-France, marqué par des problématiques fortes d’inégalités sociales et territoriales de santé, offre un terrain particulièrement fécond pour des recherches relatives à l’accès aux soins, à la santé environnementale, à l’organisation territoriale des politiques sanitaires ou encore aux vulnérabilités sociales liées aux transformations économiques et écologiques. Ces objets de recherche favorisent les croisements entre droit de la santé, droit des collectivités territoriales, droit de l’environnement et action publique locale.

Le laboratoire bénéficie à cet égard du dynamisme du Master Droit des collectivités territoriales, qui contribue à structurer une expertise reconnue dans les domaines du droit des collectivités territoriales, de l’action publique locale et des politiques d’aménagement. Les recherches menées dans ce cadre portent notamment sur les risques littoraux, les phénomènes d’érosion et de submersion, les mutations de l’action publique environnementale ou encore les nouvelles formes d’intervention des collectivités territoriales face aux impératifs écologiques.

L’axe entend également consolider les recherches relatives aux espaces maritimes, aux frontières et aux activités littorales. La situation géographique privilégiée de l’université a favorisé le développement de travaux consacrés au droit du tourisme ainsi qu’aux enjeux contemporains de la mer et des espaces frontaliers maritimes : gouvernance des détroits, circulation des personnes et des marchandises, réglementation des activités touristiques, régulation des activités économiques transmanche, conditions de travail des gens de mer ou encore mise en œuvre des politiques de protection et d’aménagement du littoral. Cette orientation trouve un prolongement particulier dans les recherches consacrées aux défis contemporains des détroits et aux recompositions juridiques des espaces maritimes et frontaliers.

Le droit de l’environnement constitue enfin un champ structurant de cet axe de recherche. Les travaux développés au sein du laboratoire interrogent les rapports entre exploitation économique des ressources, protection des milieux naturels et responsabilité environnementale. Les recherches portent notamment sur l’exploitation minière, les préjudices écologiques, les nouvelles formes de régulation environnementale ainsi que l’intégration des exigences écologiques dans les politiques publiques et les activités économiques.

Cette dynamique scientifique s’appuie sur plusieurs manifestations scientifiques organisées par le laboratoire autour des enjeux territoriaux, littoraux, maritimes et environnementaux, ainsi que sur des collaborations structurantes avec d’autres équipes de recherche et partenaires institutionnels. Elle trouve notamment un point d’appui majeur dans le projet DECODE consacré aux défis contemporains des détroits, financé dans le cadre d’un programme ANR et conduit en partenariat avec l’équipe TVES.